La thérapie MBCT

Dans les années 90, des psychologues et psychiatres spécialisés dans la recherche en thérapie cognitive et qui avaient élaboré un modèle tout à fait original de compréhension de la dépression ont essayé de créer une thérapie de groupe pour pouvoir faire bénéficier à un grand nombre de personnes en souffrance de leurs avancées et aider à la prévention de la rechute dépressive.

 

John Teasdale, Zindel Segal et Mark Williams avaient en effet, dans la mouvance de la troisième vague des thérapies cognitives et comportementales démontré comment la dépression et surtout les épisodes répétitifs étaient liés à la mise en mémoire de patterns de ruminations déclenchés lors d'états émotionnels douloureux et qui en fait étaient en lien avec la volonté du sujet de sortir de ces états.

Pour résumer, la dépression est liée à la non acceptation des états émotionnels désagréables (peur, anxiété, tristesse).

 

Ils ont alors découvert qu'il existait aux Etats Unis une méthode depuis les années 1970 qu'avait créée Jon Kabat Zinn pour la gestion du stress et de la douleur utilisant la méditation dans un cadre laïc : il s'agissait de la MBSR (Mindfulness Stress Reduction program), protocole de 8 semaines apprenant aux gens à accepter la réalité même douloureuse pour mieux traverser les épreuves.

 

Ils ont alors eu l'idée d'associer leurs travaux à ce protocole afin de créer un nouveau programme alliant pratique de la méditation de pleine conscience et thérapie cognitive pour la prévention de la rechute dépressive : la MBCT (Mindfulness Based Cognitive Thérapy) ou thérapie cognitive basée sur la pleine conscience est née de leurs réflexions.

Il s'agit d'un programme en 8 séances de 2 heures par séance indiqué pour les personnes qui ont déjà fait plusieurs dépressions et qui souhaitent ne plus rechuter. On y apprend à méditer, mais aussi à comprendre ce qu'est la dépression, pourquoi ce sont les pensées qui la crée et comment prendre du recul sur ses pensées afin d'en sortir.

Entre les séances, les sujets sont invités à pratiquer des exercices chez eux avec des CDs de méditation mais aussi des exercices de thérapie cognitive.

 

Cette technique a montré des résultats dans plusieurs études en diminuant le risque de rechute dépressive ou en allongeant le temps entre les épisodes (Gondolfi et al).

Il s'agit d'un enseignement rigoureux et qui peut décevoir au début car il n'apporte pas un bien être immédiat. Le but n'est absolument pas de se sentir bien ou détendu mais d'apprendre à faire face aux épreuves de la vie autrement qu'en luttant et en ruminant ce qui est généralement autodestructeur.

 

Une préparation peut être nécessaire par un suivi individuel.

 

En effet, il n'est pas recommandé de faire ce programme quand on est en plein dans un épisode dépressif car alors méditer est très douloureux. Par ailleurs, cet entraînement ne porte ses fruits que si on pratique tous les jours, cela demande donc une certaine autodiscipline et lorsque l'on est en souffrance, on peut être trop instable pour profiter de ce protocole.